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LETTRE OUVERTE AUX MÉDIAS

Cher membres et ami(e)s d’AirMédic,

Puisque le personnel et les bénévoles de notre organisme à but non lucratif travaillent tellement fort depuis sept ans à bâtir un service communautaire, humanitaire et professionnel d’ambulance aérienne pour la population québécoise, il est essentiel pour moi de vous présenter la situation réelle suite au reportage de « La Facture » la semaine du 2 décembre 2007 à Radio-Canada.


« La Facture » n’a malheureusement pas présenté un reportage juste et équitable. Faire une émission sur les coûts d’un sauvetage avec comme comparatif des transporteurs aériens non spécialisés en aéromédical, c’était comme faire un comparatif entre un taxi et une ambulance terrestre pour se rendre à l’hôpital.

Dans le cas médical qui a été présenté lors de l’émission, nous devions nous assurer que l’hélicoptère ambulance pouvait apporter un bénéfice réel pour la vie de la patiente ou diminuer ses séquelles. Il est clair que, selon les critères d’instabilités et de la distance à parcourir pour la patiente, l’hélicoptère ambulance apportait un bénéfice pour sa survie. Si notre seul but était de faire de l’argent sur le dos des gens, nous n’utiliserions pas de critères décisionnels pour nous assurer de faire seulement les transports essentiels et vitaux.

En ce sens, depuis que le reportage a été  tourné au mois d'août dernier, Mme Lauzon a fait une demande officielle à notre Fondation AirMédic pour obtenir de l'aide financière suite à son transport. En raison de son faible revenu comme mère de trois enfants, elle a eu droit à une aide financière équivalent à 90 %. Sa facturation est passée de 26 500 $ à seulement  2 659 $  pour une mission qui a requis 5 heures de vol. Voilà aussi à quoi servent les dons des membres. Cette situation n’est toutefois pas unique car pour respecter sa mission humanitaire, AirMédic soutient  financièrement plusieurs personnes dans le besoin par cette aide à chaque année.

Au sujet du coût de la facturation, le reportage mentionnait que nous avions loué un appareil moins dispendieux et que nous avions chargé trois fois le coût de la location. J’avais pris soins de répondre à la journaliste que notre tarif horaire pour le service d’ambulance aérienne est toujours basé sur les frais annuels de l’organisation afin d’assurer sa survie, et non en fonction du type hélicoptère.

L’entreprise Panorama d’Alma est arrivée avec un Astar 350 exécutif que notre personnel médical a configuré en ambulance avec tous les équipements médicaux requis. Cette patiente, tout comme les 1 700 autres personnes transportées par AirMédic depuis sept ans, a reçu un service professionnel d’ambulance aérienne: équipements médicaux, personnel de la santé spécialement formé, médecin, infirmier et ambulancier jusqu’à l’hôpital.

Leur comparaison de coût n’était pas réaliste. Ils ont comparés des transporteurs avec des hélicoptères monomoteurs, de catégorie léger, avec vol de jour, un seul pilote et qui ne font que quelques transports de sauvetage par année sans se soucier du facteur temps. Il n’ont pas à faire l’acquisition d’équipements médicaux certifiés pour le vol et non pas de personnel médical sur leur liste de paie et en attente de répondre à une urgence 24 heures sur 24. Ce serait comme faire une comparaison avec une chambre d’hôpital à 1 000$ par jour avec l’assistance d’un service médical spécialisé et une chambre d’hôtel à 75$ pour dormir sans équipes médicales.


Il est primordial de savoir qu’avec tous les stress de vol qu’un patient doit subir lors d’une évacuation dont, en autre, la diminution partielle de la pression d’oxygène et la diminution barométrique en altitude, une personne non formée en aéromédicale pourrait détériorer l’état de santé d’un patient (Exemple : un poumon perforé = augmentation des gaz dans la cage thoracique, plus due à la diminution de la pression barométrique, il y a augmentation du volume des gaz, donc une possibilité d’une compression cardiaque et pulmonaire). Notre personnel est formé pour faire de l’ambulance aérienne avec des équipements médicaux spécialisés car nous ne pouvons jamais prendre le risque de jouer avec la vie d’un patient.

Un transporteur héliporté privé qui n’a pas de section spécialisée en ambulance aérienne sera définitivement moins coûteux pour le patient, mais imaginez-vous les risques !

Notre protocole d’intervention nous demande de réagir rapidement et de venir en aide le plus vite possible grâce à une de nos quatre bases en opération : Québec, Mirabel, Trois-Rivières et Saguenay. Puisque nous n’avons pas pu utiliser nos deux hélicoptères Dauphins pour cette mission en raison de la maintenance obligatoire, nous avons dû louer un hélicoptère à une entreprise commerciale. Il n’y avait malheureusement aucun hélicoptère de disponible à Trois-Rivières et aucun à proximité de Mirabel. C’est pour cette raison que nous avons finalement dû réaliser cette mission à partir de la base de Saguenay. L’équipe de « La Facture » détenait cette information car c’était écrit sur la carte de mission que nous leur avons fournie avant l’entrevue.

« La Facture » demande pourquoi la patiente n’a pas été informée du montant avant le transport alors que je leur ai mentionné que nous informons à la demande les gens sur la ligne d’urgence que les frais pourraient aller jusqu’à 6 000$ de l’heure s’ils ne sont pas membres donateurs.

Puisque souvent, les gens sont paniqués et il est difficile d’échanger des informations. Nous avons tellement eu de commentaires partagés sur ce sujet, même au point de vue légal.

Imaginez une personne dont le conjoint est entre la vie et la mort et qui se fait dire que « le service va coûter 26 000$ ». Elle va probablement réfléchir à ce qu’il va faire: Va-t-elle attendre pour l’ambulance terrestre ou un autre moyen ? Peut-il en mourir ? Et dans le cas ou elle déciderait d’attendre pour sauver de l’argent et que la personne décède. C’est vraiment un sujet très délicat. Elle va alors nous rappeler pour nous dire que nous n’avons pas été humanitaire, que nous pensons à l’argent au lieu des gens car elle n’était pas en état de prendre une décision.

L’objectif d’AirMédic est uniquement de sauver des vies. Actuellement, sans la contribution de ses membres donateurs, AirMédic ne pourrait simplement pas exister. Il nous faut le support de nos membres donateurs pour assumer les frais spécialisés et pour donner un jour les 7 000 évacuations médicales par année (0,1% de la population, selon les statistiques de demandes de transports aériens). Pour une population comme le Québec, il faudrait 750 000 membres donateurs pour offrir tous ces transports gratuitement.

Avant d’arriver à l’objectif de 750 000 donateurs et de neuf bases opérationnelles, l’argent et la facturation des missions demeurent malheureusement un mal nécessaire. Nous tenons toutefois compte d’offrir une accessibilité équitable à toute la population, même celle à faible revenu. Ce qui n’a malheureusement pas été retenu dans le contenu de l’émission.

Tout ce que je souhaitais lorsque je me suis inspiré de STAR en Alberta et de la REGA en Suisse pour fonder la Fondation AirMédic, c’était d’offrir un programme d’ambulance aérienne communautaire, professionnel et autofinancé pour le Québec. Un service qui restera pour nos enfants, sans attendre plus longtemps après le gouvernement.

Chaque minute compte pour sauver une vie en situation d’urgence, merci de nous aider à bâtir ce service unique et essentiel au Québec en étant ou en devenant membre donateur.



François Rivard, Fondateur
Président et chef de la direction

AirMédic, ambulance aérienne

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Pour informations : François Rivard

téléphone : 418 673-3838

cellulaire : 418 718-5698

courriel : francoisr@airmedic.net